Cette société reste énigmatique autant sur ses origines que ses buts. Parlons-nous ici d’une société de type maçonnique, ou bien de quelque chose de totalement différent ?
Mais revenons d’abord sur cette notion de loge. La franc-maçonnerie est une forme d’organisation associative, qui recrute ses membres par cooptation et pratique des rituels initiatiques faisant référence à des secrets maçonniques. Le 24 juin 1717, quatre loges de Londres se réunirent dans la taverne l’Oie et le Grill. Elles portaient le nom des tavernes où elles avaient l’habitude de se réunir : l’Oie et le Grill, la Couronne, le Pommier, le Gobelet et les Raisins. Ces premières loges décidèrent de se soutenir mutuellement et élirent pour grand Grand Maître un certain Anthony Sayer. L’année suivante, en 1718, Georges Paynes, secrétaire de l’administration des impôts, fut élu Grand Maître et le nombre de loges augmenta. En 1719, le titre échut à Jean Théophile Désaguliers, ami d’Isaac Newton et illustre conférencier. En très peu de temps, la Grande Loge de Londres acquis un prestige considérable qui allait permettre à la franc-maçonnerie de se répandre dans toute l’Europe et forcement dans l’ensemble des colonies européennes.
Un éminent spécialiste du sujet (eh oui, il y en a déjà), échoué pour une raison obscure dans la ville de Tortuga, prétend que cette Loge des Neuf est reliée symboliquement à quelque chose de bien particulier. Il n’a pas voulu préciser quoi, mais nous laisse le loisir de faire un choix parmi neuf possibilités :
¤ La Bible parle de neuf plaies d’Égypte.
¤ Neuf est le nombre de représentations sataniques.
¤ On trouverait neuf muses dans la mythologie grecque.
¤ Ils sont neuf chevaliers à avoir fondé l’Ordre du Temple à Jérusalem.
¤ Il existerait neuf dieux majeurs et divinités dans le panthéon égyptien.
¤ Il fallut neuf jours et neuf nuits à Odin pour apprendre le secret des runes.
¤ Dans la mythologie nordique, l’arbre Yggdrasil se dressait au-dessus de neuf Mondes.
¤ Neuf cadavres retrouvés dans une loge de théâtre à Paris, le soir de la première du "Naufrage au Port-à-l’Anglois", en 1718.
¤ L’italien Marana est l’auteur de "Espion dans les Cours des Princes Chrétiens" en 8 volumes, publiés dès 1696, il en existerait neuf.
Que l’embarra du choix, mais j’ai ma petite idée.
Si j’en crois le descriptif concernant la Grande Loge de Londres, il faudrait chercher une trace de cette insaisissable Loge quelque part dans une taverne quelconque. Mais autant chercher miséricorde dans l’âme d’un forban ! Les gargotes pullulent dans les Caraïbes...